Un article sur le mariage qui ne commence pas par une histoire de conte de fées, c’est possible. Les statistiques sont formelles : en France, la loi n’autorise qu’un mariage à la fois, mais rien n’interdit de se marier plusieurs fois au cours de sa vie, sous réserve de respecter les procédures de dissolution ou d’annulation du précédent lien matrimonial. Les chiffres révèlent qu’une part croissante de la population connaît au moins deux unions officielles, tandis que la proportion des personnes n’ayant jamais été mariées progresse aussi.Selon l’Insee, le nombre total de mariages connaît des fluctuations depuis vingt ans, marqué par des évolutions notables selon l’âge, le sexe et la région. Les données récentes mettent en lumière des écarts significatifs entre générations et territoires.
Combien de mariages en France : chiffres récents et grandes tendances
Le nombre de mariages enregistrés chaque année en France raconte beaucoup sur notre société et sur ses changements profonds. En 2022, d’après l’Insee, 244 000 couples se sont unis devant le maire. Cette poussée s’observe après les années Covid, mais ne parvient pas à retrouver la vitalité d’avant la pandémie. Impossible d’ignorer la tendance : la trajectoire reste orientée vers une baisse continue du nombre de mariages depuis une dizaine d’années. Au début des années 2010, la France comptait plus de 250 000 unions par an. Plusieurs raisons expliquent cette érosion : montée du Pacs et choix d’une vie commune non officialisée, ces alternatives séduisent davantage.
Pour saisir la réalité, voici quelques données marquantes :
- En 2022, 244 000 mariages ont été célébrés en France.
- La même année, près de 200 000 Pacs ont été signés.
- Le mariage reste majoritaire, mais le Pacs et la vie en couple non marié gagnent du terrain chaque année.
L’impact de la crise sanitaire a été décisif. En 2020, la chute atteint un record : 155 000 mariages seulement sur l’ensemble du pays. Depuis, la reprise demeure partielle : impossible de retrouver les volumes d’avant Covid. Les différences régionales frappent également : l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes enregistrent le plus d’unions, alors qu’en zone rurale la décrue est particulièrement visible.
Nombre de mariages par personne : que révèlent les statistiques ?
Combien de fois les Français se marient-ils au cours de leur vie ? Les données Insee brossent un panorama nuancé. La majorité des personnes mariées ne franchissent ce cap qu’une seule fois, mais le remariage progresse, porté par l’évolution des modes de vie et la fréquence accrue des divorces. Ainsi, le nombre de mariages par personne reste limité à une seule union pour la plupart, même si la place des seconds mariages s’affirme petit à petit.
Quelques chiffres donnent la mesure :
- Près de 80 % des mariages correspondent à une première union pour les deux époux.
- Environ 20 % des unions sont des remariages, hommes et femmes confondus.
Un constat se dégage : les hommes sont encore un peu plus nombreux que les femmes à se remarier, mais l’écart se réduit. Quant à la part des mariages entre personnes de même sexe, elle atteint environ 1,5 % des unions célébrées, proportion relativement stable depuis plusieurs années.
Âge, remariages, évolution des profils : qui se marie aujourd’hui ?
Le portrait des mariés français change année après année. Les chiffres de l’Insee en témoignent : l’âge moyen des conjoints ne cesse d’augmenter. Désormais, les femmes disent oui vers 36 ans, les hommes près de 39 ans. Se marier jeune n’est plus la norme ; le mariage survient souvent après plusieurs années de vie commune, parfois après un Pacs.
La progression du remariage dessine aussi de nouveaux schémas familiaux. Presque un mariage sur cinq s’effectue alors qu’au moins l’un des partenaires a déjà vécu une séparation. Les familles recomposées se multiplient, rassemblant enfants d’unités précédentes, proches élargis et trajectoires croisées autour d’un même engagement.
Pour les couples de même sexe, qui représentent chaque année environ 1,5 % des unions officielles en France, l’âge au mariage reste un peu plus élevé en général que chez les couples hétérosexuels. Là encore, le choix de se marier relève souvent d’un parcours de vie bien particulier, mûrement réfléchi.
Ce que ces données disent de l’évolution des pratiques nuptiales en France
En lisant les statistiques de l’état civil, un constat s’impose : la société française recompose en profondeur ses manières d’envisager le couple. La diminution du nombre de mariages s’accompagne de la progression du Pacs ; le modèle traditionnel n’est plus la seule voie privilégiée. Aujourd’hui, quasiment un couple sur deux opte pour le Pacs plutôt que le mariage. Ce basculement reflète une transformation de fond dans les trajectoires affectives et les façons de s’engager.
L’essor des remariages résulte notamment de la fréquence croissante des divorces. Des procédures de séparation assouplies, entretien devant le juge remplacé par des démarches notariales plus simples, libèrent la possibilité de renouer avec un projet de vie conjugale. Familles recomposées, nouveaux départs, équilibres réinventés : la France conjugue autrement engagement et émancipation.
Trois tendances illustrent parfaitement cette mutation :
- Le développement du Pacs nourrit la diversité des parcours conjugaux.
- L’accroissement des décisions de justice en matière familiale amène le droit à se réadapter sans cesse aux réalités sociales.
- L’ouverture progressive à tous les types de couples, de même sexe ou de sexes différents, renforce la pluralité des profils et des histoires partagées.
À travers les évolutions récentes, chaque mariage, chaque Pacs, chaque recomposition familiale raconte l’histoire d’une société en perpétuelle réinvention. Et demain, sans doute, d’autres façons d’inventer l’union viendront recomposer le paysage sentimental français, emportant avec elles leurs promesses, leurs paris, et ce vieux rêve contemporain d’un amour à la carte.


